de ci de là … me revoilà…

“Les grèves d’un jour tous les deux mois ne servent à rien”

28 mai 2009 · Laisser un commentaire

LEMONDE.FR | 26.05.09 | 18h32  •  Mis à jour le 26.05.09 | 21h04


  • Roulée dans la farine par le gouvernement et les syndicats par Isabelle Altaraz

Je ne me suis pas mobilisée ce jour, car je ne pense pas qu’une manifestation mensuelle ou trimestrielle ait du poids. J’ai même le sentiment que cela ne sert qu’à canaliser la colère (ce qui arrange plutôt le gouvernement) et que cela ne répond pas du tout à la détresse qui monte.
Surtout que les concertations qui suivent sont toutes en mi-teinte et je commence à avoir l’impression d’être roulée dans la farine par le gouvernement et les syndicats. J’attends que l’on passe à la vitesse supérieure.

Je n’ai pas fait grève aujourd’hui par ras-le-bol des journées unitaires ponctuelles et pour dire aux “grandes” centrales : arrêtez de nous mener en bateau. Après les mobilisations de janvier et mars 2009, la grève reconductible aurait pesé très fortement sur le gouvernement. Le secteur public pouvait probablement entraîner le secteur privé. Les revendications sur le pouvoir d’achat, l’emploi et la sauvegarde des services publics étaient et restent populaires.

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Les idées portées par le syndicalisme des SUD et de la CNT ne sont pas majoritaires en termes organisationnels et médiatiques mais beaucoup de salariés et de précaires sont prêts – pour peu que ce message soit porté par la CGT et autres – à des luttes dures du type LKP (Guadeloupe).

  • Une journée pour obtenir quoi ? par Christophe C.

Je suis syndiqué CGT dans le secteur des bureaux d’études.  Je suis pour la grève, j’ai suivi les précédents mouvements. Je n’ai pas voulu me mobiliser mardi car j’aurais pu perdre, en plus de mon salaire, des heures pour avoir un jour de RTT de plus, pour me reposer de mon stress quotidien. Et pour avoir quoi au final ? Des directions syndicales qui demandent “des négociations” ? Le tout avec des “mobilisations diverses et originales” ! Mais de qui se moque-t-on ?

Je me mobiliserai seulement quand la grève générale illimitée sera proclamée. Là au moins j’aurais l’impression d’être utile et non pas manipulé par nos direction syndicales, qui collaborent de plus en plus avec un patronat implacable.

Malheureusement, c’était il y a quelques années qu’il fallait faire pression pour augmenter les salaires, lorsqu’il y avait de l’argent. De même pour l’Etat : c’était à ce moment-là qu’il devait assainir ses comptes et faire des réserves. Maintenant qu’on est dans la crise, l’argent n’est plus là… Manifestations et grèves ne changeront rien à l’affaire.

Salarié du privé, dans une entreprise non soumise aux effets de la crise, avec une majorité de cadres, je suis solidaire des grévistes. J’ai été gréviste le 19 mars, mais pas aujourd’hui. Je soutiens le mouvement, car pour les cadres, l’ambiance dans les entreprises est de plus en plus détestable : objectifs inatteignables, pressions sur les plus fragiles, licenciements déguisés sous forme de propositions de départ négocié, parcellisation des tâches, dépressions…

Le syndrome Renault Technocentre nous atteint à notre tour. La lassitude gagne même les responsables de service. Mais pas d’action collective. Juste un désengagement des collègues face à un management et une organisation dont ils ne comprennent plus le sens.

Ça bougerait s’il y avait une grève générale, du type 1995. Mais il n’est pas encore temps. La direction lâche du lest sur les primes pour éviter les revendications. On verra à la rentrée si la colère diffuse et la lassitude se transforment en action.

  • Une grève ça se prépare ! par A. Nostian

L’usage du droit de grève est pour moi quelque chose de fondamental. Faire grève, c’est exercer le seul contre-pouvoir que l’on puisse avoir, en tant que salarié, face au pouvoir patronal. Si on l’utilise, cela doit être pour gagner concrètement. Les syndicats majoritaires utilisent le droit de grève pour sortir leur drapeau, et faire du spectacle. Une grève, ça se prépare, ça se construit, et cela doit durer jusqu’à ce que les salariés gagnent !!!

Les grèves d’un jour tous les deux mois ne servent à rien, à part à compter les manifestants, et les badges syndicaux.
Faisons grève, oui, mais rarement et sûrement. Ne nous arrêtons pas de travailler un jour tous les deux mois, mais une semaine à la suite, en menaçant de continuer si l’on obtient pas satisfaction.

Catégories : politique · social · syndicats

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